En route, de Rio à Tokyo

A La Découverte de L'HandiBoxe

Publié le 06/02/2015 dans la catégorie Interviews

 

Aujourd'hui nous vous proposons de découvrir un sport méconnu, la handiboxe. Pour cela nous avons la chance de pouvoir interviewer : Rivier Bruno, référent handiboxe comité régional Bretagne
@EnRoutePourRio : Bonjour et merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous nous parler de l'histoire de la handiboxe, sa création, et est-ce que la boxe handisport est un sport Paralympique ?
Rivier Bruno :
Depuis de longues années, quelques éducateurs spécialisés enseignent la boxe dans leurs clubs ou au sein d'établissements. Des initiatives individuelles sans qu'aucun dispositif national officiel ne coordonne leurs actions, ni ne valorise leur engagement. Gilbert JOIE, sportif et professeur d'EPS qui enseigne la boxe dans son établissement, et Lucien GLABEL sont les premiers à s'intéresser à la question pour légitimer et reconnaître le public handicapé au sein de la fédération française de boxe. C'était il y a quinze ans. Ils lancent la première initiative régionale qui favorise l'accès des personnes handicapées aux fonctions de juges dans différentes compétions. Un acte symbolique et fondateur.
Il faut attendre 2007 pour que la fédération française de boxe remobilise ses équipes autour de la question du handicap. Il lui revient, en effet, de gérer ce volet en l'absence de délégation boxe au sein de la fédération française handisport. Un groupe de travail se réunit, qui s'inscrit pleinement dans les exigences de la loi de février 2005. Il recense les initiatives des personnes et structures investies dans ce domaine, classifie les handicaps et définit un règlement adapté. Le collectif handiboxe, qui rassemble à la fois des représentants du sport adapté (handicap mental) et du handisport (handicap moteur), voit le jour en 2007. Il inaugure en juin 2008 son premier challenge national à Bourges. Trois mois plus tard, la licence handiboxe devient officielle, à partir de 6 ans et sans limite d'âge ! D'autres initiatives ont à cœur d'encourager cette mixité comme le challenge David VAILLANT ou le challenge Ludovic BRETON, en Bretagne, où les boxeurs valides prennent place dans des fauteuils pour s'opposer à des adversaires handicapés des membres inférieurs.
Malheureusement, la handiboxe n’est pas un sport paralympique, il reste encore beaucoup de chemin pour faire évoluer cette discipline, mais comme d’autres sports de combats, il faudra s’imposer dans le long processus du paralympique.
@EnRoutePourRio : Tout le monde a déjà vu un combat de boxe, en revanche peu ont eu la chance de voir un combat handiboxe, pouvez-vous nous expliquer les principales différences entre la boxe « valide » et la « handiboxe » ?
Rivier Bruno :
Nous parlerons d’assauts et non de combats. La logique de l’activité boxe reste identique, quelles que soient les formes de pratique. Seule la puissance des touches les différencie. La puissance doit expressément différencier la boxe éducative assaut et handiboxe où l’on touche, et la boxe combat où l’on frappe. Les élèves doivent s’imposer par leurs qualités techniques et tactiques, mais en aucun cas par la puissance des coups. La vitesse d’exécution n’est en rien modifiée, mais doit s’accompagner d’une maitrise totale de l’impact sous peine de pénalité.
 
@EnRoutePourRio : Qui peut pratiquer ce sport ? Est-ce que certains handicaps ne sont pas compatibles avec la boxe handisport ? Y a-t-il différentes catégories en fonction du handicap ? Est-ce que comme chez les valides il y a des catégories de poids ?
Rivier Bruno :
Toutes personnes en situation de handicap peut pratiquer la boxe. La fédération de boxe anglaise reste vigilante sur les dérives qui pourraient exister. Dans chaque région française et en DOM TOM, il y a un référent qui peut aider les clubs et structure qui le souhaitent pour développer leurs sections et faire connaitre ce sport.
C’est les entraineurs qui prodiguent des leçons dignes de professionnalismes en adaptant leurs boxes aux handicapés. La méthode de travail diffère en fonction du type de handicap, des difficultés que peut rencontrer ce public, la bienveillance est de mise.
Pour les personnes en fauteuil, il existe deux catégories sans prendre en compte le poids : HMAA (handicap moteur avec abdos) et HMSA ( Handicap moteur sans abdos), avec des variantes par rapport à la mobilité des bras.
Pour les autres, le poids est pris en compte, le type de handicap : physique, mental, sensoriel…
@EnRoutePourRio : Faut-il un matériel spécifique pour se lancer dans cette discipline ?
Rivier Bruno :
Pour se lancer dans la pratique de la boxe anglaise il faut déjà du courage. Il n’est pas simple pour une personne en situation de handicap de choisir un sport de contact, ensuite, il faut une bonne paire de gants, des bandes ou des mitaines pour les protections des mains, et surtout un protège dents, car avec moi : pas de protections, pas d’opposition.
Le reste du matériel, on le retrouve en salle : pao, sacs de frappe, ring, palette, chronomètre et beaucoup de sueur.
@EnRoutePourRio : Quelles compétitions existent-il sur le plan national et international ? Est-ce que vous arrivez facilement à organiser des rencontres face à d'autres clubs ou bien votre discipline n'est pas encore assez développée en France pour pouvoir faire des rencontres assez régulièrement ?
Rivier Bruno :
Etant donné le nombre de club en France, il est assez facile d’organiser des réunions handiboxe, plusieurs challenge de région, ainsi qu’un challenge national à bourges.
Le plus difficile est la logistique importante en fonction du type de handicap, c’est un travail de longue halène.
Au niveau international, la pratique se développe doucement, il ne restera qu’a mutualiser un code sportif, afin de fonctionner comme des boxeurs amateurs ou professionnels.
@EnRoutePourRio : Comment la handiboxe pourrait se développer en France ?
Rivier Bruno :
Il faut que les pouvoirs publics s’investissent plus, pas juste avec des paroles. Il faut organiser des actions, des forums, des démonstrations et compétitions toute au long de l’année. La boxe n’est certes pas une discipline facile, mais c’est une école de la vie, on devient plus fort dans tous les termes.
Des les premières leçons, on prend du plaisir, de l’assurance, cela devient un besoin au delà de l’envie.
@EnRoutePourRio : Combien de licenciés votre club compte-t-il ? Et combien y a-t-il d'handiboxeurs en France ?
Rivier Bruno :
Je suis entraineur depuis 2008, et m’occupe de la handiboxe depuis 2010 au sein du Séné Team Boxing dans le Morbihan. Mon club compte 9 licenciés (8 fauteuils et 1 handicap mental).
Pour vous donner un ordre d’idée, les chiffres sont en constante augmentation mais en 2013 en France c’était :
76 clubs
260 licenciés
86 % hommes, 14 % de femmes
68 % ont un handicap intellectuel et psychique
31 % ont un handicap physique
1 % ont un handicap auditif
50 % de plus de 35 ans
19 % de 18 à 35 ans
31 % de moins de 18 ans
 Mon club pugilistique est le seul affilié Handisport et labellisé Sport Handicap Bretagne de la région celtique…
 @EnRoutePourRio : Merci de nous avoir éclairés sur votre discipline

Aujourd'hui nous vous proposons de découvrir un sport méconnu, la handiboxe. Pour cela nous avons la chance de pouvoir interviewer : Bruno Rivier, référent handiboxe du comité régional Bretagne

@EnRoutePourRio : Bonjour et merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous nous parler de l'histoire de la handiboxe, sa création, et est-ce que la boxe handisport est un sport Paralympique ?

Rivier Bruno :Depuis de longues années, quelques éducateurs spécialisés enseignent la boxe dans leurs clubs ou au sein d'établissements. Des initiatives individuelles sans qu'aucun dispositif national officiel ne coordonne leurs actions, ni ne valorise leur engagement. Gilbert JOIE, sportif et professeur d'EPS qui enseigne la boxe dans son établissement, et Lucien GLABEL sont les premiers à s'intéresser à la question pour légitimer et reconnaître le public handicapé au sein de la fédération française de boxe. C'était il y a quinze ans. Ils lancent la première initiative régionale qui favorise l'accès des personnes handicapées aux fonctions de juges dans différentes compétions. Un acte symbolique et fondateur.Il faut attendre 2007 pour que la fédération française de boxe remobilise ses équipes autour de la question du handicap. Il lui revient, en effet, de gérer ce volet en l'absence de délégation boxe au sein de la fédération française handisport. Un groupe de travail se réunit, qui s'inscrit pleinement dans les exigences de la loi de février 2005. Il recense les initiatives des personnes et structures investies dans ce domaine, classifie les handicaps et définit un règlement adapté. Le collectif handiboxe, qui rassemble à la fois des représentants du sport adapté (handicap mental) et du handisport (handicap moteur), voit le jour en 2007. Il inaugure en juin 2008 son premier challenge national à Bourges. Trois mois plus tard, la licence handiboxe devient officielle, à partir de 6 ans et sans limite d'âge ! D'autres initiatives ont à cœur d'encourager cette mixité comme le challenge David VAILLANT ou le challenge Ludovic BRETON, en Bretagne, où les boxeurs valides prennent place dans des fauteuils pour s'opposer à des adversaires handicapés des membres inférieurs.Malheureusement, la handiboxe n’est pas un sport paralympique, il reste encore beaucoup de chemin pour faire évoluer cette discipline, mais comme d’autres sports de combats, il faudra s’imposer dans le long processus du paralympique.

@EnRoutePourRio : Tout le monde a déjà vu un combat de boxe, en revanche peu ont eu la chance de voir un combat handiboxe, pouvez-vous nous expliquer les principales différences entre la boxe « valide » et la « handiboxe » ?

Rivier Bruno : Nous parlerons d’assauts et non de combats. La logique de l’activité boxe reste identique, quelles que soient les formes de pratique. Seule la puissance des touches les différencie. La puissance doit expressément différencier la boxe éducative assaut et handiboxe où l’on touche, et la boxe combat où l’on frappe. Les élèves doivent s’imposer par leurs qualités techniques et tactiques, mais en aucun cas par la puissance des coups. La vitesse d’exécution n’est en rien modifiée, mais doit s’accompagner d’une maitrise totale de l’impact sous peine de pénalité.

@EnRoutePourRio : Qui peut pratiquer ce sport ? Est-ce que certains handicaps ne sont pas compatibles avec la boxe handisport ? Y a-t-il différentes catégories en fonction du handicap ? Est-ce que comme chez les valides il y a des catégories de poids ?

Rivier Bruno : Toute personne en situation de handicap peut pratiquer la boxe. La fédération de boxe anglaise reste vigilante sur les dérives qui pourraient exister. Dans chaque région française et en DOM TOM, il y a un référent qui peut aider les clubs et structure qui le souhaitent pour développer leurs sections et faire connaitre ce sport. Ce sont les entraineurs qui prodiguent des leçons dignes de professionnalisme en adaptant leurs boxes aux handicapés. La méthode de travail diffère en fonction du type de handicap, des difficultés que peut rencontrer ce public, la bienveillance est de mise. Pour les personnes en fauteuil, il existe deux catégories sans prendre en compte le poids : HMAA (handicap moteur avec abdos) et HMSA (handicap moteur sans abdos), avec des variantes par rapport à la mobilité des bras. Pour les autres, le poids est pris en compte, le type de handicap : physique, mental, sensoriel…

@EnRoutePourRio : Faut-il un matériel spécifique pour se lancer dans cette discipline ?

Rivier Bruno : Pour se lancer dans la pratique de la boxe anglaise il faut déjà du courage. Il n’est pas simple pour une personne en situation de handicap de choisir un sport de contact, ensuite, il faut une bonne paire de gants, des bandes ou des mitaines pour les protections des mains, et surtout un protège dents, car avec moi : pas de protections, pas d’opposition. Le reste du matériel, on le retrouve en salle : pao, sacs de frappe, ring, palette, chronomètre et beaucoup de sueur.

@EnRoutePourRio : Quelles compétitions existent-il sur le plan national et international ? Est-ce que vous arrivez facilement à organiser des rencontres face à d'autres clubs ou bien votre discipline n'est pas encore assez développée en France pour pouvoir faire des rencontres assez régulièrement ?

Rivier Bruno : Etant donné le nombre de club en France, il est assez facile d’organiser des réunions handiboxe, plusieurs challenge de région, ainsi qu’un challenge national à Bourges. Le plus difficile est la logistique importante en fonction du type de handicap, c’est un travail de longue haleine. Au niveau international, la pratique se développe doucement, il ne restera qu’a mutualiser un code sportif, afin de fonctionner comme des boxeurs amateurs ou professionnels.

@EnRoutePourRio : Comment la handiboxe pourrait se développer en France ?

Rivier Bruno : Il faut que les pouvoirs publics s’investissent plus, pas juste avec des paroles. Il faut organiser des actions, des forums, des démonstrations et compétitions toute au long de l’année. La boxe n’est certes pas une discipline facile, mais c’est une école de la vie, on devient plus fort dans tous les termes.Des les premières leçons, on prend du plaisir, de l’assurance, cela devient un besoin au delà de l’envie.

@EnRoutePourRio : Combien de licenciés votre club compte-t-il ? Et combien y a-t-il d'handiboxeurs en France ?

Rivier Bruno : Je suis entraîneur depuis 2008, et m’occupe de la handiboxe depuis 2010 au sein du Séné Team Boxing dans le Morbihan. Mon club compte 9 licenciés (8 fauteuils et 1 handicap mental).Pour vous donner un ordre d’idée, les chiffres sont en constante augmentation mais en 2013 en France c’était :

76 clubs

260 licenciés

86 % hommes,

14 % de femmes

68 % ont un handicap intellectuel et psychique

31 % ont un handicap physique1 % ont un handicap auditif

50 % de plus de 35 ans

19 % de 18 à 35 ans

31 % de moins de 18 ans

Mon club pugilistique est le seul affilié Handisport et labellisé Sport Handicap Bretagne de la région celtique… 

@EnRoutePourRio : Merci de nous avoir éclairés sur votre discipline

Retrouvez Bruno Rivier sur le Facebook de Handiboxe Bretagne

 

Kevin pour ERPR

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Vos réactions :

PERRON georges

Le 09/02/2015 à 22:02

Ayant passé notre diplome de prevôt ensemble, j'admire l'entousiasme et la fougue qu'il met au profit de la boxe et de l'handiboxe en particulier. Sincérement un monsieur dans ce domaine . Continue dans cette voie ,ont et ils ont besoin de toi. Sportivement; ton pote

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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