En route, de Rio à Tokyo

Lucas Duperrex, un guide en or.

Publié le 11/02/2015 dans la catégorie Interviews

Nous partons aujourd'hui à la découverte de Lucas Duperrex, le guide du fondeur et biathlète Anthony Chalençon. Tout récent champion du monde du relais, Lucas se dévoile dans cet entretien pour notre plus grand bonheur.

La naissance d'un couple en Or

@ En Route Pour Rio : A titre personnel, depuis combien de temps pratique-tu le ski nordique?

Lucas Duperrex : Depuis avant que je m'en souvienne. J'ai eu des skis de fond aux pieds très tôt et j'ai commencé la compétition quand j'avais 7 ans. J'en ai 22 aujourd'hui. J'ai fait de la compétition à haut niveau jeunes jusqu'à la fin du lycée, pour mes 18 ans. J'ai arrêté le ski pour me consacrer à mes études et j'ai eu l'occasion de guider Anthony durant ma 2ème année d'études supèrieures. Il a fallu mettre des aménagements scolaires en place pour pouvoir skier à haut niveau de nouveau.

@ En Route Pour Rio : De quelle région es-tu originaire?

Lucas Duperrex : Je suis de Chamonix. Il y a un très bon club de ski de fond à Chamonix En handisport, il semblerait que la majorité des skieurs soient savoyards ou haut-savoyards.

@ En Route Pour Rio : Comment vous êtes vous rencontrés avec Anthony?

Lucas Duperrex : Anthony a arrêté le ski alpin en 2011, il était alors en IUT sport-étude avec un ami à moi, ils ont fait alors une saison de fond ensemble. Cet ami a du interrompre leur collaboration pour partir à l'étranger pour ses études. J'ai appris qu'Anthony galérait sans guide, et même si je n'avais pas trop de temps, nous avons commencer par faire des Week-Ends de ski ensemble pendant une saison. Ensuite, vu que tout se passait bien, j'ai pris un aménagement scolaire pour puvoir faire les choses plus sérieusement la saison dernière et cette saison.

@ En Route Pour Rio : Quel statut as-tu aujourd'hui? Et est-ce que cela t'aide pour ta scolarité?

Lucas Duperrex : J'ai le statut de partenaire d'entraînement. Je pense que dans la plupart des cas ça aide beaucoup pour obtenir un aménagement scolaire. Je n'ai pas demander le statut d'athlète de haut niveau parce que je savais que mon statut actuel suffisait pour que je puisse m'arranger avec mon école.

La montée vers les sommets

@ En Route Pour Rio : De quelle manière s'est faite votre séléction pour les championnats du monde de Cable?

Lucas Duperrex : Dès l'an dernier, nous avons fait toute la préparation avec l'équipe de France et le coach voulait nous emmener aux Jeux Paralympiques. Mais cela n'a pas été possible au niveau du budget. Nous avions disputé un étape de coupe du monde en Allemagne où nous avions terminé quelques courses avec une place dans les 15 premiers. Même si nous savions que nous n'aurions pas ramené de médailles de Sotchi, nous aurions pu pariciper aux épreuves.

Nous sommes repartis cette saison dans le collectif de l'Equipe de France. Nous n'étions pas certains de pouvoir disputer les championnats du monde cette année même si le directeur technique et le coach étaient conscients que pour pouvoir construire sur le long terme pour Pyongyang (2018) il fallait que l'on prenne de l'expérience dès cette année.

Les résultats que nous avons obtenu en début de saison en Finlande ont confirmé qu'on avait notre place à Cable.

Cable vu de l'intérieur

@ En Route Pour Rio : Comment aborde-t'on une compétition telle que les Championnats du Monde quand vous saviez que vous ne pourriez pas accrocher de médaille individuelle? Quelle est votre niveau de motivation?

Lucas Duperrex : On n'est pas motivé par une médaille mais par le fait de montrer ce que l'on est capable de faire. Nous avions senti en Finlande que nous pouvions faire mieux, c'est ce que l'on s'est attaché à démontrer. Notre but est d'arriver à mettre place, course après course, les intensités dont nous sommes capables à l'entraînement. Nous avons pris de l'expérience et nous savons où nous en sommes vraiment par rapport à la concurrence.

@ En Route Pour Rio : Hormis le relais, quelle est la course sur laquelle vous êtes vous sentis le mieux?

Lucas Duperrex : Le 20 KM skating (style libre NDLR) que l'on avait encore jamais fait en compétition. Nous sommes partis prudemment et Anthony a pu mettre en place son ski. On a pu voir qu'il tenait bien la distance et comme nous avons encore une petite marge de progression et que l'on est pas loin des meilleurs, c'est très encourageant pour Pyongyang ou la distance sera présente.

Un titre pour la vie

@ En Route Pour Rio : Vu de l'intérieur, pensiez-vous, vous les skieurs, que vous pouviez conquérir le titre du relais?

Lucas Duperrex : Nous n'avions pas parlé avant de la place que l'on jouait mais je pense que personne n'avait pensé à l'or. En tout cas, personne n'y croyait suffisamment pour en parler. Avec Anthony, nous n'étions pas sûrs d'y être jusqu'à la veille. Nous nous sommes dit: "Ils ont fait la médaille de bronze à Sotchi, il manquait une des meilleurs athlètes norvégiens (4ème aux Paralympiques 2014), on a une grande chance de monter sur le podium." Avec la forme de Thomas Clarion et Benjamin Daviet sur la compétition, on pouvait espèrer une médaille d'argent, mais personne ne pensait à l'or.

@ En Route Pour Rio : Quel a été le point clé pour battre les invincibles russes?

Lucas Duperrex : Au cours du troisième relais, nous nous sommes dit que ça allait jouer. Les russes ont laissé dans leur relais Petushkov (5 médailles d'or à Sotchi) qui n'a plus du tout son niveau de la saison dernière. On pense qu'ils auraient été plus performants avec un autre fondeur. Benjamin lui a pris beaucoup de temps, on a commencé à y croire à ce moment là.

Comment on gagne un titre?

@ En Route Pour Rio : Quel est le ryhme d'entraînement qu'il faut pour arriver à ce niveau?

Lucas Duperrex : La préparation estivale se fait sur différents sports. Il "suffit" de cumuler les efforts d'endurance et de renforcement musculaire. Anthony, à ce moment de la saison, varie les guides, ou s'entraîne même seul avec un home traineur ou sur des parcours qu'il connaît par coeur. A l'automne on passe aux entraînement plus spécifiques, avec du ski roues, des intensités, et avec du tir (avec essouflements pour préparer le Biathlon). On se voit un peu plus d'un jour sur deux entre la fin de l'été et la fin de la saison.

Le ski de fond et le biathlon demandent de gros volumes d'entraînement.

Et maintenant?

@ En Route Pour Rio : Est ce que le fait de repartir sur une carrière de guide, t'as redonner des envies de carrière de fondeur individuel valide?

Lucas Duperrex : C'est surtout une question d'investissement. J'ai beaucoup sacrifié au ski de fond jusqu'à mes 18 ans, et j'ai tourné la page. Je n'ai pas envie de me réinvestir à fond individuellement sans avoir la possibilité de devenir un fondeur professionnel.

Mon expérience avec Anthony est de toute façon plus riche qu'une petite carrière individuelle. Je lui ai appris quelques petites choses, et ce n'est pas une dimension que l'on a quand on travaille seul.

Nous sommes de très bons amis. Nous vivons extrémement bien les moments où nous sommes ensemble, même si c'est parfois difficile de quitter mes proches aussi souvent.

@ En Route Pour Rio : Quels sont vos objectifs pour la suite de la saison?

Lucas Duperrex : Nous partons au Japon sur une étape de Coupe du Monde pour continuer à progresser. On ne va pas changer notre niveau physique maintenant, mais on fera de notre mieux pour bien figurer à titre individuel maintenant.

@ En Route Pour Rio : Et pour Pyongyang, peut-on croire à un podium pour Anthony à titre individuel?

Lucas Duperrex: Je pense que oui. 2014/2015 est seulement sa 4ème saison de ski de fond. Dans nos disciplines, on voit que les athlètes performants ont entre 25 et 30 ans.

Nous allons continuer de progresser, et j'y crois vraiment!

 

Nous remercions bien évidemment Lucas pour le temps qu'il nous a accordé entre un avion revenant des Etats-Unis et un autre en partance pour le Japon, tout ceci avec des cours, et des réceptions.

Dans quelques jours, vous pourrez lire lire l'interview d'Anthony.

Crédit Photos : ledauphine.com

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