En route, de Rio à Tokyo

Maxime Montaggioni le Parasnowboard avec le sourire

Publié le 29/11/2016 dans la catégorie Interviews

Maxime Montaggioni se fait petit à petit sa place dans le concert mondial des para-snowboarders « handicap membres supérieurs » prenant la suite du pionnier de la discipline en France Patrice Baraterro (« handicap membres inférieurs »).
Retour sur une carrière « atypique » d'une sportif à la mentalité et au parcours particulièrement attachants.

Une fois n'est pas coutume, Maxime a souhaité nous poser la première question, nous permettant d'apporter quelques précisions sur notre changement d'identité.

Maxime Montaggioni : Pourquoi avez-vous changé votre nom d'En Route Pour Rio en En route Pour Tokyo et non pas En Route Pour Pyeongchang ?

ERPT : Ah ce changement de nom ! On en a passé des heures à se poser la question ! Il faut savoir que ce n'est pas anodin de changer d'identité, il faut revoir tout les visuels, vérifier que ça accroche bien, renommer nos comptes sur les réseaux sociaux, etc....Le refaire tous les deux ans nous paraît un peu fastidieux, et puis Pyeongchang dans l'esprit de certains de nos lecteurs potentiels est difficile à écrire pour nous retrouver sur les moteurs de recherches par exemple, en tout cas beaucoup plus que Tokyo. Et puis c'est peut-être malheureux, mais c'est comme ça, le fait de parler de la route vers Tokyo est moins excluant pour les athlètes de l'hiver que de parler de la route vers Pyeongchang nous cataloguant sans doute dans la niche « sports d'hiver handisport ».

A notre tour maintenant !

ERPT : Maxime, peux-tu nous dire qui es-tu et comment tu es arrivé au Snowboard ?

Maxime Montaggioni : Alors j'ai 27 ans, je pratique le snowboard depuis que j'ai 8 ans après avoir démarré par le ski classique. Privé d'un de mes avants bras depuis ma naissance, j'en avais marre des bâtons (rires). J'ai fait très longtemps ça en loisir quand mes parents m'envoyaient en colonies de vacances. Puis une fois le permis en poche, je suis de plus en plus « monté » à Isola 2000 avec mes potes (NDLR Maxime est niçois) pour m'adonner à ma passion du snow.

 

 

ERPT : S'en vient alors, un premier contact avec le cirque blanc international du para-snowboard

Maxime Montaggioni
: Oui même si cela n'a pas été immédiat. Il y a quatre ans, lors d'un salon de pré-saison à Isola 2000, j'ai rencontré un des directeurs technique de l'équipe de France qui m'a proposé d'essayer d'intégrer un stage national pour voir ce que je valais. J'ai refusé, étant en train de finir mes études de communication, n'ayant pas le temps pour ça. L'année suivante, rebelote, là c'était mon activité dans une agence de communication qui me bloquait un peu. Finalement, il y a 2 ans maintenant, toujours au même endroit, j'ai rencontré Patrice Baraterro qui m'a poussé à aller à Landgraaf pour la première course de la saison, importantissime à l'époque car seul endroit où on pouvait se faire classifier (déterminer sa catégorie selon le handicap).

ERPT : Pour ceux qui te connaisse, ce n'était pas un coup d'essais pour toi dans le handisport

Maxime Montaggioni : En effet, plus jeune j'étais en équipe de France de Taekwondo handisport. J'ai « finit » ma carrière sur une médaille de bronze lors des championnats du monde. J'en ai gardé un esprit de compétiteur.

ERPT : Et depuis ces « débuts » comment se passe ton évolution sur la planche ?

Maxime Montaggioni
: C'était assez difficile parce que les compétitions ne sont pas nombreuses pour nous et donc il faut savoir performer très vite. Ma première saison a été « moyenne » même si je me classais régulièrement dans le haut du tableau sans podium. L'an dernier, il y a eu un léger mieux avec un podium de coupe du monde et plusieurs sur les courses IPC.

ERPT : Cette saison démarre plutôt bien ?

Maxime Montaggioni : Oui c'est certain ! J'ai enfin pu faire des podiums à Landgraaf dans le dôme (3 médailles de bronze dont 2 dans les slaloms estampillés Coupe du Monde) après n'y avoir fait que des 4 ème places les deux dernières saisons. Maintenant j'attends avec impatience les boardercross (l'autre discipline du para-snowboard en opposition avec d'autres concurrents) qui correspond peut-être mieux à ma mentalité.

ERPT : Comment t'es-tu préparé ?

Maxime Montaggioni : On a fait un stage Équipe de France cet été à Bariloche (Argentine) avec plein d'autres nations et aussi avec des valides. J'ai je pense énormément progressé au contact de tout ce monde, même si je n'ai pas pu surfer en fin de stage à cause d'une blessure à l'épaule. Et puis en Octobre et Novembre, on a pu remettre ça à Tignes.

ERPT : On sait bien que le para-snowboard ne nourrit pas son homme, comment fais-tu pour vivre une saison à plein temps ?

Maxime Montaggioni
: J'ai eu la chance de signer une convention d'insertion professionnelle (la fameuse CIP) avec mon employeur niçois des Lignes d'Azur (Réseau de transport public de Nice). Même si je fais mon travail de chargé de communication à temps plein, je ne suis plus obligé de prendre sur mes congés quand je pars en stage ou sur les compétitions et ça libère beaucoup de choses dans la tête. Je remercie d'ailleurs mes employeurs, c'est un vrai plus ! Pour le reste, surtout pour le financement des déplacements et du matériel entres autres choses, j'ai quelques sponsors privés, avec la station d'Isola 2000Chullanka (Magasins de matériel de montagne, de randonnée et de Camping), Big Print Communication (Spécialisée dans l'impression numérique) et Compex (Produits d'électrostimulation pour le grand public).
Bien entendu, j'en recherche d'autres ! Si parmi vos lecteurs, certaines sociétés veulent/peuvent m'aider, je suis ouvert (rires).

ERPT : Tes objectifs cette saison ?

Maxime Montaggioni : Être régulièrement sur le podium des courses internationales. Sur les slaloms, je serais à la lutte avec Michaël Minor (USA) et Patrick Mayrhofer (Aut) qui semblent un peu intouchables en ce début de saison. Sur les cross, je peux faire de jolis coups. Si je suis sélectionné, la grosse compétition de cette année sont les Championnats du Monde sur la mythique Big White à Copper Mountain au Colorado, et la je viserais clairement un podium.

ERPT
 : Et Pyeongchang, en 2018 ?

Maxime Montaggioni
: Bien évidemment, y participer est un gros objectif. Il ne faut pas se tromper, les Jeux Paralympiques pour nous sont un sommet de carrière. C'est « la » compétition. Je vais tout faire pour y être !


Bien évidemment, on remercie Maxime pour sa disponibilité et son sourire omniprésent tout au long de cette interview téléphonique (quand on vous dit que le sourire s'entend…).
Maxime nous a promis de repasser nous voir de temps à autres pour débriefer ses prochaines courses, alors à bientôt !

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Maxime Montaggioni

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