En route, de Rio à Tokyo

Florian Merrien n'en a pas fini avec le très haut niveau

Publié le 23/12/2016 dans la catégorie Interviews

Lorsque Florian Merrien a accepté notre demande d'entretien, nous étions à mille lieux d'imaginer les réponses qu'il allait nous donner. Le troisième joueur mondial de sa catégorie (C3) revient avec nous sur son expérience Paralympique et sur les suites de sa carrière.

ERPT : Avec une médaille de bronze obtenue à Rio en simple, on imagine que vos jeux ont été réussis ?
Florian Merrien : Et bien, pas vraiment en fait. Je suis un joueur de par équipe, j'ai d'ailleurs obtenu mes deux premières médailles paralympiques à Pekin et à Londres sur le par équipe. Au Brésil, on tombe dès les 1/4 de finales et cela n'est évidemment pas satisfaisant. Ok j'ai réussi le tournoi de simple, mais la frustration du manque de médaille dans le par équipe n'est pas effacée par ma médaille individuelle.


 

ERPT : A Rio, votre sport apporte 5 médailles à la délégation française (3ème rang au tableau des médailles), quel bilan en tirez vous ?
Florian Merrien : C'est pas mal quand même ! Paradoxalement, à Londres on a eu plus de demi-finale (10) qu'à Rio, mais cette fois ci elles ont tourné dans le bons sens, et la réussite individuelle est au rendez-vous. Restent les par équipes qu'il va falloir encore et encore bosser.

ERPT : Pour votre carrière, une médaille individuelle a-t-elle plus d'impact qu'une par équipe ?
Florian Merrien : Non je ne pense pas. Une médaille reste une médaille. Pour moi en tout cas, même si répète que je suis très satisfait d'avoir pris le bronze, elle n'a pas la même saveur en tout cas. Je suis un vrai passionné du ping en général et du sentiment collectif en particulier.

ERPT : Comment jugez-vous le niveau de ces Jeux ?
Florian Merrien : Le niveau était super élevé, ce qui est souvent le cas pour des Jeux Paralympiques. Le niveau augmente de plus en plus, c'est pour cela qu'on doit se réjouir d'avoir apporter notre écot à la France. Avec 5 médailles, on est le deuxième sport, après l'athlétisme, à avoir amener le plus de médailles à notre pays.

ERPT : Quels sont les investissements personnels que demande une préparation paralympique pour le tennis de table ?
Florian Merrien : C'est évidemment le rendez-vous incontournable pour notre sport ! Un année paralympique, c'est un investissement total de Janvier à Septembre avec 7 ou 8 heures d'entraînement par jour. Mais nous sommes des passionnés, alors on fonce et on fait ce qu'il y a faire.

ERPT : Et dans une année post-paralympique ?
Floran Merrien : On ne peut pas faire des préparation tous les ans comme pour les paralympiques, déjà financièrement ce serait trop difficile. Pour 2017, on va repartir en Janvier pour nous diriger vers les championnats du monde par équipe du mois de mai, puis pour les championnats d'Europe individuels et par équipes. Entre temps, je jouerais le championnats de Régional 1 au milieu des valides avec mon club de l'ALCL Grand Quevilly (Normandie).

ERPT : Le fait d'évoluer contre des valides est-il surprenant pour vos adversaires ?
Floran Merrien : Non plus maintenant, ils me connaissent dans la région. Et puis nous avons un classement « valides » donc ils peuvent voir mon niveau. Ce qui change pour eux ce sont les trajectoires de balle du fait que je sois très près de la table, et mes contres aussi.

ERPT : Parlons un peu d'avenir. Avec ces bons résultats Cariocas et l'émergence des Matéo Bohéas et Thomas Bouvais, pensez-vous que le tennis de table tricolore a de beaux jours devant lui ?
Floran Merrien : Pour être très clair, j'espère et je souhaite de tout mon coeur que Thomas et Matéo fasse plein de médailles, mais je suis très inquiet. Par rapport aux autres grosses nations, nous devons être les seuls à ne pas être professionnels. A tel point qu'on paie de notre poche nos déplacements sur les tournois, et nos stages de préparation. L'ambiance avant Rio sur les stages était d'ailleurs tendue, il y avait les joueurs d'un côté, le staff de l'autre. Attention ce n'est pas une excuse, on a tout le temps fonctionné comme ça ! Si je perds c'est à cause de moi, mais si je gagne ce n'est que grâce à moi.
J'ai bien peur que nous soyons l'arbre qui cache la forêt. Derrière nous c'est presque un désert.Il faudrait vraiment que la commission Tennis de Table de la fédération se donne les moyens de ses ambitions, sinon cela ne marchera pas.

ERPT
 : Et pour Florian Merrien, quelle est la suite de sa carrière ?
Florian Merrien : Avant Rio, je me suis posé beaucoup de question sur l'arrêt de ma carrière justement avec cette ambiance. Mais les derniers stages ont permis de nous ressoudé, et je suis gonflé à bloc pour repartir au minimum jusqu'à Tokyo, et si Paris obtenait les Jeux de 2024, ce serait superbe d'y terminer ma carrière. On va prendre les années les unes après les autres. De toute façon, dans notre sport, les critères de sélections pour les grands championnats sont clairement définis, donc je n'ai pas de crainte à avoir, tant que je serais performant.

Merci Florian pour tant de franchise. Nous nous somme promis de continuer à échanger courant 2017 pour analyser une saison riche en événements majeurs.


Fabien d'ERPT

Crédit photo : Fabien Ferré

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