En route, de Rio à Tokyo

Mickaël Charrière un entraîneur tricolore au service de ses skieurs

Publié le 06/03/2017 dans la catégorie Interviews

Mickaël Charrière est membre du staff de l'équipe de France de Ski Alpin. Déjà tourné vers les jeux de PyeongChang l'année prochaine, il revient avec nous sur sa carrière de coach, son implication dans l'équipe et son envie de réussite.

ERPT : Comment es-tu venu au Handisport, quel est ton parcours ?
Mickaël Charrière : J'ai évolué en tant que skieur valide avec la génération des Alexis Pinturault ou Victor Muffat Jeandet jusqu' à mes 21 ans sur le circuit Coupe d'Europe (2 ème niveau international). Sentant que je me faisais dépasser, j'ai décidé, à 21 ans, d'arrêter la compétition de haut niveau. Quasiment immédiatement, Christian Fémy m'a proposé un poste d'entraîneur pour l'équipe de France handisport. J'ai accepté pour une première mission de 4 ans jusqu’à Sotchi puis j'ai rempilé jusqu'à PyeongChang. Je suis aussi moniteur de ski dans les période plus « creuses ».

ERPT : Quel genre d'entraîneur es-tu ?
Mickaël Charrière : J'essaye d'être très proche de mes athlètes, sans me priver de les booster quand je sens trop de relâchement. On travaille à plusieurs pour trouver des solutions pour gagner encore plus. J'insiste sur le fait que c'est vrai travail d'équipe.


 

ERPT : Quel est ton rôle dans cette équipe ?
Mickaël Charrière : Je suis l'équipe toute l'année depuis les stages « d'été » jusqu'à la fin de la saison de compétition. Je donne le maximum possible pour que les skieurs puissent s'élancer au départ d'une course avec les meilleures dispositions possibles. Même si ce n'est pas mon métier de base, je dirige parfois quelques séances de préparation physique pour ceux qui n'ont pas de préparateur physique personnel. On se réparti les tâches, par exemple, lorsque Marie Bochet a rechaussé les skis, je suis resté avec elle pendant que le reste de l'équipe était en Autriche pour des courses IPC.

ERPT : On parle souvent des Championnats du Monde ou des Jeux Paralympiques comme étant les « événements » de la saison, voire d'une carrière pour les skieurs, cela est-il aussi fort pour une équipe technique ?
Mickaël Charrière : Bien sûr, et en plus nous on ne maîtrise plus rien une fois le départ donné. Nous avons PyeongChang à l'esprit depuis 4 ans, notre programme d'entraînement porte généralement sur une paralympiade. Bien sûr, après on doit s'adapter selon les circonstances. Au lendemain de Sotchi, on s'est réuni pour débriefer et on a lancé les plans jusqu'à PyeongChang.

ERPT : Il n'y avait que 5 skieurs pour les championnats du monde (Marie Bochet, Arthur Bauchet, Jordan Broisin, Frédéric François et Yohann Taberlet), était-ce un choix délibéré de votre part ?
Mickaël Charrière : En fait c'est seulement la suite logique de nos critères de qualification pour les grands événements : Nous ne prenons en Équipe de France que les potentiels médaillables et ceux dont on sent une marge de progression pouvant les amener au plus haut niveau comme Jordan par exemple.

ERPT : Cela veut-il dire qu'on ne retrouvera qu'eux à PyeongChang en 2018 ?
Mickaël Charrière : Pas forcément, mais on en sera proche. Après il peut y avoir de bonnes et mauvaises surprises. Ce qui est certain, c'est que sur l'ensemble de la saison, l'équipe sera très resserrée. On a ouvert la porte depuis 3 ans pour que certains nous prouvent qu'on pouvait les emmener, cela n'a pas été toujours concluants. 2017/2018 ne sera pas une « opération commando » mais je me répète une saison avec une équipe légère. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. Après, nous sommes en constante communication avec l'équipe « jeunes » mais pour l'instant, nous pensons que pour eux PyeongChang 2018 arrive un peu tôt.

ERPT : Pour la préparation, vous allez changé des choses, ou reprendre ce qui marche bien ?
Mickaël Charrière : En gros, cela va être dans le même sens que ces dernières années. Si rien n'est sûr, nous pensons peut-être à organiser un stage au Chili plutôt qu'à Ushuaïa pour trouver plus de dénivelé. On va essayer aussi de se regrouper de temps à autres avec les snowboardeurs parce qu'il faut créer un esprit d'équipe dont on aura bien besoin à PyeongChang. Enfin, on discute pour partager un stage en Norvège avec 2 autres équipes nationales, histoire de créer un peu d'émulation, mais là encore rien n'est signé.

Nous remercions Mickaël pour tout le temps accordé pour cette mise au point au milieu d'une saison riche en déplacements. Nous reviendrons très vite avec lui sur le parcours des tricolores aux Championnats du monde et sur l'avenir du ski handisport en France et dans le monde.

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Capture d'écran Facebook Ski Handisport

Article précédent Article suivant

bordure verte

Et vous, qu'en pensez-vous ?

bordure verte

A lire aussi

L'AS Montferrand joue le jeu du Tennis Fauteuil

Publié le 09/06/2017 dans la catégorie Interviews

bordure verte

A propos

@ERPTokyo :

bordure verte

Pendant ce temps :

Des vidéos de formation pour la FEPEM
3 versions pour un booktrailer
PAPIs, Real-world machine learning stories
Refonte du site Diaphonique.org
Etude de cas : Le Cri
Les Rencontres Innovations et Galien 2017
De la cour au jardin
Islanova, exemple d'une communication digitale

Toute l'actualité de JD²