En route, de Rio à Tokyo

Delphine Le Sausse porte haut les couleurs du ski nautique français

Publié le 07/06/2017 dans la catégorie Interviews

Nous n'allons pas faire semblant, nous ne connaissions pas grand-chose du ski nautique et encore moins de sa version handisport avant l'entretien que nous allons vous proposer.

Bloqués dans les années 80, nous nous souvenons vaguement des images d'un Patrice Martin battant records sur records et remportant championnats sur championnats. Le président actuel de la fédération de ski nautique est d'ailleurs un des français les plus titrés au niveau mondial tous sports confondus.

Inutile de vous dire que quand Delphine Le Sausse a accepté notre demande d'interview, nous avons sauté sur l'occasion pour poser un millier de questions, et pour en apprendre un maximum.

Le ski nautique handisport se pratique avec les mêmes règles que chez les valides. Dans les compétitions, les bateaux et les pilotes sont les mêmes par exemple. 4 disciplines sont au programme : le slalom, les figures, le saut (tremplin d'1M25 à 1M50) et le combiné (additions des 3 autres épreuves). Comme dans bon nombre d'handisports, les catégories sont au nombre de 3 : les assis, les debout, les mal et non voyants. Dans chaque catégorie, des coefficients sont calculés selon le degré de gravité du handicap pour établir le classement. Il existe des championnats nationaux, européens et mondiaux. Pour rappel, le ski nautique handisport, géré par la fédération valide, n'est pas paralympique.



Entretien avec Delphine Le Sausse, membre à part entière de l'équipe de France et membre de la commission « ski classique » de la fédération française.

ERPT
 : Notre question traditionnelle pour débuter, comment en vient-on au ski nautique ?
Delphine Le Sausse : J'ai toujours fait beaucoup de sport avant mon accident de ski. Tout naturellement, j'en ai refait beaucoup depuis. J'ai commencé par le ski alpin où j'ai goûté aux joies de l'Equipe de France. Non sélectionnée pour les Jeux de Vancouver et en désaccord avec le staff, j'ai arrêté la compétition de haut niveau pour me consacrer entièrement au ski nautique et au wakeboard (ski nautique sur une planche type snowboard) que je faisais déjà. J'étais pratiquante depuis longtemps, donc j'ai vite repris mes repères et participé à mes premiers championnats du monde en Australie en 2007.

ERPT : Votre progression a été rapide ?
Delphine Le Sausse : On ne va pas se mentir, les participants à nos compétitions ne sont pas extrêmement nombreux. Donc avec un peu de passion, beaucoup d'entraînement, on peut vite arriver dans les compétitions internationales. Comme j'avais déjà utilisé des skis nautiques et un wakeboard, j'ai vite retrouvé mes sensations de glisse et de traction du bateau sans les défauts des débutants comme se pencher par réflexe en avant pour la sortie de l'eau.

ERPT : Dix ans après vos débuts en championnats du monde, votre palmares s'est beaucoup étoffé !
Delphine Le Sausse : Oui entre autre chose, j'ai 13 titres de championne du monde à mon actif dont les 4 derniers de nouveau en Australie en début d'année. Je détiens le record du monde du slalom dans ma catégorie avec 3 bouées à 46 km/heure et celui des figures avec 1380 points. En saut, mon record est de l'ordre de 16 M 80.

ERPT
 : Des championnats 2017 un peu particuliers pour vous.
Delphine Le Sausse : Oui parce que j'ai maintenant une fille, de 17 mois à l'époque, et que je me sentais un peu sur la pente descendante à 42 ans. J'ai tout de même voulu montrer aux autres filles que je ne lâcherai pas mes titres comme ça, qu'il faudra venir me les arracher.

ERPT 
: Comment faites-vous pour financer vos saisons (déplacements, entraînements, etc..) ?
Delphine Le Sausse : J'essaie de trouver un certain équilibre financier grâce à des partenaires. Là encore il faut être honnête, ce ne sont pas des sponsors à proprement parlé, les retombées en terme de communication médiatiques étant quasi nulles. Ce sont plus des mécènes et des amis qu'autre chose. Je pense que j'y suis encore un petit peu de ma poche parce que le Ski Nautique est un sport qui coûte très cher.

ERPT
 : Vous oeuvrez beaucoup pour l'accessibilité à votre discipline pour les débutants. Quels sont les problèmes rencontrés ?
Delphine Le Sausse : Je prends mon exemple personnel. Entre le moment où j'ai décidé de remonter sur des ski nautiques et ma première sortie, il s'est passé un an. Le temps de trouver du matériel et des structure pouvant m'accueillir. Ca bouge un petit peu grâce notamment à 2 associations : Planete Handicap et Magis Bastos (spécialisé dans le Wakeboard « tracté » par un filin et non par un bateau). Ce n'est pas gagné, car je le répète, le ski nautique est un sport « cher ». Je me bats au sein de la fédération pour améliorer les choses, mais cela prend du temps. Il faut qu'on soit plus nombreux à pratiquer, cela nous apportera légitimité et médiatisation. La fédération fait bien les choses pour nous exposer autant que faire se peut par exemple en nous intégrant complètement dans la semaine fédérale des Championnats de France. Au niveau européen, c'est la même chose, nous disputons nos championnats d'Europe en même temps que les moins de 21 ans, c'est intéressant pour nous.

ERPT : Quelles sont vos prochaines échéances et avec quels objectifs ?
Delphine Le Sausse : Tout d'abord les championnats de France mi-juillet, puis le circuit Euro Tour pendant l'été. En plus de gagner des titres, j'aimerai bien battre mes records du monde de slalom et de figures. Je travaille pour ça !

Nous remercions Delphine pour sa disponibilité et sa patience. Nous la retrouverons prochainement pour ses prochaines compétitions.

 

Retrouvez l'actualité de Delphine Le Sausse sur sa page Facebook ICI


Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Delphine Le Sausse Facebook

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