En route, de Rio à Tokyo

Dimitri Jozwicki perce à vitesse grand V

Publié le 13/06/2017 dans la catégorie Interviews

Autant il y a des espoirs qu'on a vu arriver de très loin dans le handisport, autant en ce qui concerne Dimitri Jozwicki, ce n'est pas le cas. On ne va pas mentir, on avait bien vu aux derniers championnats de France de Charlety qu'il était bien là (avec ses supporters nancéens, difficile de passer à côté), mais jamais on aurait pensé à un parcours tel que le sien.
Nous avons pu passer un moment au téléphone avec lui et revenir sur son histoire et son futur.
 


ERPT 
: Dimitri pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter brièvement ?
Dimitri Jozwicki : J'ai 20 ans depuis février dernier. Après une première année de médecine réussie (PACES), je suis dans une école pour préparer un diplôme d'Ergothérapeute. Je fais de l'athlétisme depuis 7 ans et fais les compétitions handisport depuis un peu plus d'un an.

ERPT : Justement, racontes nous ce cheminement.
Dimitri Jozwicki : Avec Rémi, mon frère jumeau, nous faisions du rugby. Mon handicap m'empêchait de continuer, et comme nous faisons tout ensemble et que nous étions rapide, nous avons décidé de tenter l'athlé. L'an dernier, un de mes coachs à Nancy a proposé de voir si je ne pouvais pas faire les courses handisports, ce qui ne m'était jamais passé par la tête. On a vérifié et j'ai obtenu une classification T38.

ERPT : Premières courses et premières performances qui te portent à la limite de Rio.
Dimitri Jozwicki : Je débute comme junior sur les championnat de France Indoor. Je remporte le 60 M et Jean-Baptiste Souche me suggère de continuer à m'entraîner pour voir jusqu'où je peux aller. Avec mes études, pas évident, mais je joue le jeu. En plein air, pour les championnats de France juniors, je prends le titre sur 100 M et 200 M en battant à chaque fois le record de France. Je parviens même à faire les minimas IPC, mais pas ceux de l'Equipe de France. Je reste donc à quai sans amertume, connaissant les règles du jeu, en participant tout de même au meeting de Notwill (Sui) pour une première internationale.

ERPT : Et cette saison ?
Dimitri Jozwicki : J'ai participé en janvier à mon premier stage équipe de France au Portugal, encore une première. Au dernier championnats de Charlety, j'ai pris la médaille d'argent sur 100 M et 200 M open « debout » je ne m'y attendais surtout pas. Et puis être juste derrière Timotée Adolphe, ça me va bien. A Notwill, en réalisant 24''11 sur 200m pour un minima en 24''20, j'ai fait ce qu'il fallait pour être à Londres pour les championnats du monde. Je fais aussi 11''51 sur le 100m à 8 centièmes des minimas. Cette saison, j'ai encore donné la priorité au double projet études/athlétisme. Je devrai valider ma première année en même temps que le début de ma préparation pour Londres !

ERPT : Quels sont les modèles qui t'ont incité à vivre ce que tu vis ?
Dimitri Jozwicki : Chez les valides, je veux bien croire que l'émergence de Christophe Lemaître au plus haut niveau en 2010 a contribué à notre venu sur les pistes à Rémi et à moi. Maintenant, chez les handisports, Timotée Adolphe et ses guides nous inspirent beaucoup.

ERPT : Tu parles souvent et à juste titre, de ton frère jumeau Rémi. Peux tu nous dire quelle est la nature de vos relations ?
Dimitri Jozwicki : Comme beaucoup de frère jumeau, nous sommes assez fusionnels. Nous sommes aussi des béquilles l'un pour l'autre quand ça ne va pas. On a beaucoup de mal à s'imaginer faire du sport l'un sans l'autre. A tel point que Rémi fait exactement les mêmes préparations que moi, pour Londres, nous ferons le même programme. D'ailleurs pour ne pas trop s'éloigner, il est en train d'apprendre le boulot de guide pour parvenir au plus haut niveau, et il y a arrivera, je ne me pose même pas la question.

ERPT : Vous avez aussi un environnement à Nancy assez favorable ?
Dimitri Jozwicki : Oui c'est vrai que nous sommes une bande de fous furieux. Mais attention, nous savons quand être sérieux et concentrés. Par contre quand il y en a un de nous sur la piste, on lâche tout, c'était aussi très important pour notre équilibre.

ERPT : A 20 ans, malgré un projet estudiantin ambitieux, se sent-on l'âme d'une star des pistes en devenir ?
Dimitri Jozwicki : Tout d'abord comme je suis maintenant dans la filière des athlètes de haut niveau, je devrais pouvoir aménager mon emploi du temps pour pouvoir consacrer plus de temps à l'athlé. Nous allons en discuter avec le directeur de mon école qui est à l'écoute. Ensuite oui, je m'imagine un beau destin avec des médailles internationales et paralympiques. Quand on regarde les classements, je suis le plus jeune du TOP 10 de ma catégories, et devant moi beaucoup ont atteint l'âge de s'arrêter (rires). Alors oui, mais je sais aussi qu'il faut que je travaille encore et toujours avec mes entraîneurs Julien Reb et Nicolas Zarchou au sein du club de Laxou Athlétisme Handisport. Je leur dois déjà beaucoup !

ERPT : Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Dimitri Jozwicki : De réussir ma préparation pour Londres déjà. On va passer à trois séances hebdomadaires, et les entraîneurs ont déjà acheter tout le matériel ! Et puis à Londres, si je pouvais au mois me rapprocher des podiums…

Un grand merci à Dimitri pour sa disponibilité. Nous lui souhaitons bien évidemment le meilleur !

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Tous Handisport

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