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Nicolas Szachsznajder, ce serviteur du handisport Nancéen

Publié le 14/06/2017 dans la catégorie Interviews

Bien souvent, les articles que vous lisez ici sont le fruit d'un mélange de rencontres et de hasard. Pour Nicolas Szachsznajder, on remonte le fil du temps. Meeting World Athletics (et championnat de France) au mois de Mai, une animation incroyable des tribunes par un groupe venu de Nancy lors des courses entre autres de Dimitri Jozwicki, qualification de ce dernier pour les Championnats du Monde, interview et au cours de celle ci : « On doit beaucoup de choses à Nicolas ». Avec notre curiosité devenue légendaire, on a bien entendu voulu en savoir plus de ce fameux Nicolas. A 26 ans, ce double licencié STAPS montre une vraie volonté de réussite dans ses projets avec une décontraction non feinte. Bien évidemment, nous n'avons pas pu nous empêcher de parler aussi des espoirs suscités par Dimitri.

ERPT : Peux-tu nous résumer très vite, le pourquoi de ta présence comme entraîneur dans le milieu de l'Athlé handisport ?
Nicolas Szachsznajder : Malgré mes « seulement » 26 ans, c'est déjà une longue histoire. Pour résumer, pendant mes études, j'ai fait de nombreux stages en contact avec des déficients visuels de haut niveau. J'ai tout de suite accroché, les projets étaient très intéressants. Il y a quelques temps, j'ai participé à un critérium « visuel » à Vittel, et j'ai eu le déclic, monter une section handisport à Nancy.



 

ERPT : Et on fait ça comment ?
Nicolas Szachsznajder : Là encore, on a pris le temps de faire les choses bien. On a monté un projet qu'un club valide n'avait aucune raison de refuser. Ça n'a pas marché avec un premier club, mais le NAM Laxou (Nancy) nous a fait confiance en Novembre dernier. On a fait les choses intelligemment, on est arrivé sur la pointe des pieds et on a prouvé que le projet était viable.

ERPT : Ça a du être un bouleversement pour un club déjà solidement ancré dans le paysage de l'athlé valide
Nicolas Szachsznajder : Je ne vous cache pas qu'en début de saison, chacun était dans son coin. Et puis petit à petit, les autres athlètes se sont intéressés et sont venus nous voir, et le président du club nous fait sentir à tous que nous n'étions pas forcément à part. Nous réfléchissons actuellement à faire au moins une séance par semaine commune avec les valides. Chacun a besoin d'apprendre des autres !

ERPT : En tout cas d'un point de vue notoriété, difficile de passer à côté de votre groupe dans les tribunes.
Nicolas Szachsznajder : Oui c'est sûr ! Le déclic de ce point de vue a eu lieu aux Championnats de France interclubs de Saint Florentin cette année. Nous sommes arrivés là-bas pensant connaître la même ambiance que pour des interclubs valides, mais ce n'était pas le cas. Nous avons alors décidés, nous étions un groupe de 6 personnes, de les vivre pleinement et donc on s'est amusé. Cette notion de décontraction est très importante pour relâcher la pression et pour donner un esprit de groupe dans un sport individuel par essence. Ça a bien marché, mais attention, quand les athlètes doivent être concentrés, ils savent très bien l'être.



ERPT : Quel est votre avenir maintenant dans ce club et à titre personnel ?
Nicolas Szachsznajder : Pour le club, nous voudrions obtenir un label handisport d'ici 5 ans, non plutôt 3 ans. On va continuer à développer l'activité et avec des personnalités comme Dimitri et Rémi Jozwicki ou tous les autres qui s'investissent à fond derrière nous dans la communication, ou dans bien d'autres domaines, on devrait y arriver. A titre personnel, je pourrais peut-être prendre des responsabilités au niveau fédéral pour la Région Grand Est pour repérer des potentiels ou organiser certaines choses pour faire progresser l'athlé handisport, mais rien n'est décidé pour l'instant.

ERPT : Revenons sur Dimitri Jozwicki, comment s'est passée sa venue ?
Nicolas Szachsznajder : Le potentiel avait été repéré. On lui a d'abord parler de classification. Une fois classifié on lui a demandé de venir pour une première séance qui s'est transformé en entretien. Dimitri et Rémi étaient bien connus dans la région, pas que pour leurs performances Sportives (rires). On lui a dit, plutôt leur a dit parce que si vous en prenez un vous en recevez deux pour le même prix, que son potentiel était énorme à condition d'être plus discipliné et de respecter des cadres. Comme il(s) est (sont) intelligent(s) il(s) s'y est (sont) mis tout de suite.

ERPT : Sa progression a surpris tout le monde, on ne l'a pas vu arriver.
Nicolas Szachsznajder : Et bien nous non plus à vrai dire, en tout cas pas aussi vite. Il progresse à chacune de ses sorties, c'est formidable de travailler avec lui quand on a des résultats et des progrès aussi importants. Il est passé en à peine plus d'un an de Champion de France Espoir Indoor à sélectionné pour les championnats du monde Elite et pas par la petite porte en faisant les minimas. Un déclic s'est sans doute passé dans sa tête avec le stage fédéral au Portugal. Il est passé de « j'admire des coureurs comme Timothée Adolphe » à  « je fais partie de son monde ».    
Franchement, quand on voit en plus le double projet qu'il mène avec des études de médecine, puis d'Ergothérapie, on ne peut qu'être admiratif même si il a sans doute trouver un équilibre entre tout ça pour progresser.
Il est trop tôt pour dire jusqu'où il ira, en tout cas si il progresse encore en se donnant les moyens, il ira peut-être tout en haut. En attendant, à Londres, je pense qu'il devrait être finaliste à minima. Après tout dépendra aussi de la concurrence.

ERPT : Et l'indissociable Rémi, que peut-il espérer de son envie de guider ?
Nicolas Szachsznajder : Là encore c'est beaucoup trop tôt pour en parler. Ce sont des jeunes de 20 ans dont on ne peut ignorer le potentiel mais dont on ne sait pas encore de quelle marge totale de progression ils bénéficient. Ce que l'on peut dire pour l'instant, c'est qu'il s'investit lui aussi à fond auprès d'un de nos T12. Il en a vraiment l'envie, maintenant pour le plus haut niveau, il va falloir qu'il descende les temps, mais là encore, si son investissement reste régulier, aucune raison objective pour qu'il n'y arrive pas !

Bien entendu, comme pour tous nos interlocuteurs, nous nous sommes promis de marquer ce club et ses entraîneurs à la culotte tout au long d'un projet solide et optimiste.
Un grand merci à Dimitri pour la mise en relation, même si on aurait aimer connaître le nom de son entraîneur plutôt que son pseudo  (rires) !!

N'hésitez pas à vous rendre sur la page Facebook de Laxou Athlétisme Handisport

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Dimitri Jozwicki Facebook

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