En route, de Rio à Tokyo

Faustine Noël Une ascension fulgurante sans limite vers les sommets

Publié le 20/06/2017 dans la catégorie Interviews

Faustine Noël, la parabadiste, fait partie des handisportives dont on relate semaine après semaine les exploits sur tous les continents, sans finalement la connaître vraiment. Erreur réparée aujourd'hui avec une interview découverte d'une jeune étudiante bien dans ses baskets et rêvant de consécration paralympique. Joueuse au sein d'un des plus grands clubs omnisports français, le REC (Rennes Etudiants Club), elle est arrivée sur le circuits du Para Badminton grâce à la rencontre de son partenaire de double mixte …. Lucas Mazur.
Retour sur une tranche de vie des plus épiques.



ERPT : Première question traditionnelle, comment es-tu arrivée au Para Badminton ?
Faustine Noël : Ce fut un long chemin ! J'ai commencé à jouer avec les valides à 11 ans. Je ne pouvais pas échapper à la destinée familiale, ma mère était badiste, mon père l'est encore. J'ai tout de suite accroché, à aucun moment le handicap n'a été un problème dans mon club, j'ai été très bien intégrée. Pour être parfaitement honnête, je ne pensais même pas qu'il existait du Para Badminton pour les « debouts ».
Le basculement vient lors d'un tournoi où une exhibition de Para Bad était organisée. Lucas Mazur est venue me voir en tribune en me posant des questions sur mon handicap, en fait il cherchait à savoir si j'étais juste blessée ou handicapée. Il m'a parlé du Para Badminton en me disant que c'était sympa et que je devrais essayer pour voir. L'année suivante il est revenu à la charge en me parlant de compétition internationales, ça a fait tilt à ce moment là.

ERPT : On est impatient de connaître la suite, parce que ça c'était seulement il y a un peu plus de 2 ans
Faustine Noël : Oui effectivement, j'ai fait les championnats de France à Bourges, puis avec ce résultat en poche, j'ai fait une opération de crowfunding pour participer à une épreuve internationale afin de me faire classifier. Et puis j'ai pu décrocher la médaille d'argent aux Championnats du Monde dès ma première participation.

ERPT : A 23 ans, comme beaucoup de sportives de ton âge, tu suis un double objectif études et sports, peux tu nous en dire plus ?
Faustine Noël : A la fac de Rennes 1, je viens de décrocher une licence en Biologie des organismes. J'espère être accepté en Master pour continuer, et comme j'ai une bonne équipe autour de moi, j'aimerai vraiment rester à Rennes. Avec ma médaille d'argent mondiale, je suis sur la liste des sportives de haut niveau, ce qui permet un aménagement des cours. Je n'ai pas voulu en bénéficier cette année, parce que je voulais vite en finir avec cette partie de mes études. Maintenant, si je vais en Master à Rennes, je demanderai à le passer en 2 ans plutôt qu'en 1 pour me détacher du temps pour le bad. Cela devrait se faire sans problème, la Fac de Rennes est très ouverte à ce projet.

ERPT : Comment cela se passe t'il au sein de ton club ?
Faustine Noël : Très bien. Cette année, je pouvais bénéficier des entraînements collectifs avec les valides, et puis le REC a ouvert une section para badminton avec une heure réservée par semaine. Comme j'étais la seule participante, j'avais en fait le droit à une heure personnalisée. Et puis Loris Dufay, (Joueur de haut niveau qui s'investit dans les entrainement de Parabad) vient m'aider à progresser, avec lui j'ai pu bénéficier d'un entraînement collectif, d'un entraînement individuel via mon club (rec badminton) et d'une autre séance individuelle via le Codep 35. 

ERPT : Tu souhaites intensifier ton entraînement dès la rentrée prochaine, comment cela va se traduire dans les faits ?
Faustine Noël : C'est là où le club et la fédération française de Badminton sont excellents. L'année prochaine passerai à deux entraînements collectifs et trois entraînements individuels, plus une préparation physique. En plus des entraînements collectifs valides, j'aurais 2 heures de Para Badminton hebdomadaires au club et 2 heures avec Loris, je devrais progresser encore beaucoup.

ERPT : Une de tes caractéristiques est le côté compétitrice que tu possèdes. Cela t'est-il venu avec tes résultats en handisport ?
Faustine Noël : Pas du tout, j'ai toujours été comme ça. J'ai toujours admirer les sportifs de haut-niveau. Je m'interdisais peut-être inconsciemment de penser y arriver un jour du fait de mon handicap, même si en toute franchise je ne me pensais pas spécialement plus handicapée qu'une autre. A tel point que je ne pensais pas avoir « le droit » de faire du handisport. Maintenant c'est sûr que vu les résultats, je me suis trouvée des ambitions !

ERPT : Tu fais partie de ceux qui sont allés « chercher les problèmes » en disputant l'Open de Thaïlande, pourquoi cette démarche ?
Faustine Noël : L'Asie est LE continent du Badminton, il ne faut se le cacher. Et comme les asiatiques ne sortent jamais de leur continent, et bien nous on y est allé pour se tester face aux meilleurs du monde. Je pense que j'ai beaucoup appris, cela a donné des pistes de travail. Même si je n'ai pas eu de titre là bas (NDLR : trois médailles tout de même), je suis très contente de cette compétition. On a d'ailleurs prévu d'aller au Japon en septembre pour un autre Open, il s'agira là de voir si on a bien progressé cet été. Et puis troisième « visite » de l'année en Novembre, en Corée du Sud pour les championnats du monde, le véritable objectif de l'année.

ERPT : En attendant, l'Open d'Irlande en fin de semaine, avec quels objectifs ?
Faustine Noël : Comme d'habitude, gagner les trois tableaux (NDLR:Simple, Double Dames et Double Mixte). Cela risque d'être un tout petit peu compliqué en simple, puisque nous ne sommes pas assez d'inscrites en SL4, donc le tableau nous regroupe avec les SU5, censées être moins handicapées dans la pratique du Badminton que nous. Avec Véronique Braud, on va essayer de gagner un nouveau titre, et avec Lucas Mazur, on va voir si le travail paye bien.

ERPT : En Septembre, la fédération internationale va annoncer les épreuves concernées par les prochains jeux de Tokyo. En quoi cela est-il si important ?
Faustine Noël : Dans notre discipline, les jeux sont un aboutissement de carrière. Alors, c'est certain qu'on va bosser en priorité les épreuves sur lesquelles on jouera. Pour les doubles par exemple, si ils sont au programme, on a prévu plus de rassemblement avec mes partenaires pour travailler la cohésion, histoire de ne rien regretter.

ERPT : Et pour 2024, où souhaite tu disputer les jeux ?
Faustine Noël : Même si c'est encore un peu loin pour être sûre de les disputer, j'aimerai évidemment que ce soit à Paris. Ce serait l'occasion de participer avec beaucoup de proches autour de moi. Et si en plus, on peut mettre un coup de projecteur sur notre pratique ce serait parfait.

Avant de nous quitter, Faustine Noël tenait à remercier son nouveau sponsor matériel FORZA pour son implication et à la Fédération Française de Badminton pour son investissement à ses côtés.

Quant à nous, nous remercions Faustine pour tout le temps accordé et son envie de partager un expérience hors du commun. Nous la retrouverons bientôt bien entendu à la rubrique résultats mais aussi analyse.

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Badminton Europe (Mark Phelan)

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