En route, de Rio à Tokyo

Camille Jaguelin Le dressage dans la peau

Publié le 09/08/2017 dans la catégorie Interviews

A 17 ans Camille Jaguelin entre dans la catégorie de ce que l’on va appeler dès le 12 septembre « Génération Paris 2024 » sauf que la cavalier de dressage veut aller un peu plus vite.
Si on à l’habitude de dire que chaque sportif a un cheminement propre à son histoire,  celui de Camille est des plus originaux. Retour sur un entretien avec la valeur montante des carrés de dressage.

ERPT : Peux-tu nous dire comment tu es arrivé au dressage ?
Camille Jaguelin : Je suis monté pour la première fois à 6 ans, dans un but thérapeutique par rapport à mon handicap. J’ai tout de suite accroché, je suis tombé amoureux de l’animal. A 13 ans, mes parents m’ont offert mon premier cheval, Urban Highland, un petit trotteur idéal pour le loisir. J’ai fait avec lui plusieurs concours CSO (Saut d’obstacles) jusqu’aux barres de 1m10 (NDLR : Dans les compétitions les catégories sont désignées par la hauteur des obstacles). En 2015, j’ai fait une sorte de « Burn Out » du saut, je ne voulais même plus voir un cheval, la saison avait été énorme. En Septembre je suis allé voir à Deauville le championnat d’Europe de para-dressage, et j’ai dit à la chef d’équipe française, c’est ça que je veux faire. En rentrant, j’ai troqué la selle de saut pour la selle de dressage et c’était parti !

ERPT : Et pour le plus haut niveau ?
Camille Jaguelin : Il a fallu travaillé dur mais cela s’est fait rapidement. Mes parents m’ont offert une jument allemande, Wimke une hanovrienne de 13 ans maintenant, et on a enchaîné. En Janvier 2016, j’ai commencé à travailler avec Philippe Célarié, et on a pris la 3ème place aux championnats de France. Nous faisons les stages internationaux et on a de bons résultats sur les concours internationaux. En Italie, par exemple, nous avons gagné le premier concours et sommes montés sur le podium les 2 autres jours. Nous sommes qualifiés officiellemnt pour les championnats d’Europe de Göteborg (21-23 Août).

ERPT : Quels seront tes objectifs ?
Camille Jaguelin : J’y vais avant tout pour prendre un maximum d’expérience. Ce seront mes premiers championnats internationaux, il va falloir gérer le stress de la compétition. Le premier objectif est de réaliser un bon score la première journée pour la Coupe des Nations (épreuve par équipe) pour être en phase avec mes coéquipiers. Nous visons un Top 8. Pour l’individuelle, un Top 10 serait un bon résultat. Après, il ne faut pas rêver, la star c’est le cheval, c’est en grande partie sa performance qui compte. Je ne me fais aucun souci avec Wimke, on s’aime, et je sais qu’elle fera tout son possible pour performer. On a trouvé la perle rare avec cette jument.

ERPT
 : Que représentent les entraînements pour arriver à ce niveau ?
Camille Jaguelin : On travaille 6 jours sur 7. Généralement, le matin, Wimke fait une demi heure de tapis roulant (sic) et l’après-midi on travaille une heure sur le terrain. Il faut ajouter tout ce qui est soin avec les vétérinaires. Je pars du principe qu’il faut tout anticiper pour qu’il n’y ait pas de problème. Je respecte mes chevaux, on fait beaucoup de prévention et on ne les pousse absolument pas.

ERPT : Tu estimes que tu pourras travailler avec ta jument combien de temps encore ?
Camille Jaguelin : J’aimerai aller au moins jusqu’à Tokyo avec elle, peut être même jusqu’en 2021. Ensuite, comme je l’ai dit, c’est un animal, et tout peut se passer d’ici là. Les chevaux de concours subissent en plus de longs voyages qui les fatiguent énormément sur le long terme. Je ne la pousserais pas au-delà du raisonnable.

ERPT : Avec cet emploi du temps, que reste t’il comme temps pour tes études ?
Camille Jaguelin : Ce n’est pas bien, mais pour me donner toutes les chances de réussir, j’ai stoppé mes études l’an dernier. Mais comme le cheval est une vraie passion, j’intègre en septembre le prestigieux Cadre Noir de Saumur pour me former au métier d’entraîneur. C’est une vraie réflexion de ma part, on va y aller pas à pas, mais mon but est de monter des équipes de cavaliers handisports. De l’extérieur on ne comprend pas forcément, mais si les reprises sont les mêmes que chez les valides, les personnes en situation de handicap ont plus de mal sur des gestes simples (pour les valides) comme les pas de côté. Il y a beaucoup à faire et je pense être dans le vrai, cela fait quelques mois que des gens m’appelle pour me demander des conseils, des informations sur la pratique handisport.

ERPT : Tu fais partie de la fameuse génération Paris 2024, est-ce une motivation pour toi ?
Camille Jaguelin : Oui bien sûr, je veux y être pour vivre ça ! Mais mon premier objecif est d’être à Tokyo ! Ce serait bien de continuer d’y prendre de l’expérience et d’y réaliser de grandes performances. C’est un parcours qui me paraît intéressant pour la suite.

Nous nous sommes promis de vous donner régulièrement des nouvelles de la carrière de Camille. Nous en profitons pour remercier Michaël, son père, pour la mise en relation et respectons au plus haut point son implication auprès de son fils.


Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Michaël Jaguelin

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