En route, de Rio à Tokyo

Maxime Valet à l'assaut des podiums Romain

Publié le 06/11/2017 dans la catégorie Interviews

A quelques heures de son départ pour l'Italie et les championnats du monde d'escrime Fauteuil, nous avons pu nous entretenir avec l'un des tireurs tricolores les plus attendus du côté de Rome. Médaillé en individuel et par équipe à Rio, Maxime Valet revient avec nous sur ses ambitions, ses envies et ses espoirs.

ERPT : Maxime, comment s'est passée ta préparation pour ces championnats ?
Maxime Valet : Comme un peu tout le monde, j'ai fait une année post-paralympique en privilégiant ma vie professionnelle et en m'entraînant moins même si les résultats ont été au rendez-vous avec une médaille pratiquement à chaque étape de coupe de monde. Cet été, j'ai fait un break avec l'escrime pendant 3 mois, histoire de me forger de nouveau une grosse condition physique et aussi pour me redonner envie de retourner à la salle d'escrime. En septembre, j'ai repris les armes avec envie comme prévu.

ERPT : Quels seront tes objectifs sur le tournoi ?
Maxime Valet : Au fleuret individuel, ce sera opération titre. J'ai déjà eu le bronze en championnat du monde et aux jeux, je veux autre chose maintenant. Par équipe, nous sommes les tenants du titre, alors bien évidemment, on veut le garder. En ce qui concerne ma deuxième arme, le sabre, je vais faire le mieux possible, mais je ne rêve pas, je ne suis pas encore au niveau d'un podium mondial, même si je m'en rapproche de plus en plus.

ERPT : Quels seront tes principaux adversaires ?
Maxime Valet : Les meilleurs du monde à l'heure actuelle sont les chinois, je finis d'ailleurs troisième à Rio derrière deux chinois, et on peut leur faire confiance sur l'envoi de leur grosse armada. Les italiens, à domicile, vont aussi être durs à bouger, et puis il y a un ukrainien et un anglais qui sont forts ainsi que les russes, cela ne va pas être simple, il va falloir que je sois tout le temps à 100 %.

ERPT : Et comment sens-tu l'équipe de France suite à votre stage terminal avant le départ ?
Maxime Valet : Notre équipe est en pleine reconstruction entre ceux qui ont arrêté après Rio et les jeunes qui poussent de plus en plus. J'ai senti mes coéquipiers très motivés par ces championnats. On va devoir réaliser une belle osmose pour pouvoir performer.

ERPT : Comme dans beaucoup d'autres disciplines handisport, l'escrime fauteuil semble s'internationaliser de plus en plus, peux-tu nous dire ce que tu en pense ?
Maxime Valet : C'est vrai qu'on voit arriver depuis 2-3 ans des nations comme le Brésil, l'Argentine, le Chili, l'Afrique du Sud, la Géorgie. Je trouve que c'est très bon pour notre discipline, plus il y aura de pays, plus nous seront exposés, et c'est positif. Bien évidemment, le niveau monte automatiquement aussi et cela nous pousse à nous remettre en cause pour continuer à progresser nous aussi. Alors oui on fait peut-être moins de médailles qu'auparavant, mais la concurrence est beaucoup plus forte qu'avant. Avec trois médailles à Rio, l'escrime fauteuil française reste dans le coup, à nous de nous accrocher.

ERPT : On parle de professionnalisation du handisport, penses-tu que la France peut ou doit prendre le bon wagon ?
Maxime Valet : Effectivement, on sait maintenant que les chinois, les ukrainiens, les italiens et beaucoup d'autres sont professionnels et n'ont à se préoccuper que de l'escrime. Pour certains en France, ce serait bien. En ce qui me concerne, j'ai besoin d'avoir un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie d'escrimeur, je ne pourrais pas faire que de l'escrime. Par contre, il est vrai que si je pouvais avoir un peu plus de temps pour mon sport, ce serait plus confortable.
 

ERPT : Est ce que Paris 2024 sera le levier de cette professionnalisation ?
Maxime Valet : Je ne sais pas, mais je l'espère. Laura Flessel a pour objectif de doubler le nombre de médailles à Paris, il faudra avoir les moyens de ces ambitions. Mais oui on espère tous que cela va accélérer les choses.

ERPT :
Pour qu'on se rende bien compte, une médaille paralympique ça change la vie ?
Maxime Valet : Oui un peu. Il est plus facile d'aller voir les responsables sur Toulouse pour obtenir plus de créneaux d'entraînement par exemple. Au niveau des partenaires, le contact est facilité mais les attentes sont aussi plus élevées en terme de résultats.


Nous remercions Maxime pour sa confiance et sa disponibilité et lui souhaitons le meilleur pour ces championnats dont vous retrouverez tous les résultats dans ces colonnes.


Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Kevin Bardon

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