En route, de Rio à Tokyo

Yohann Taberlet a une revanche a prendre sur Sotchi

Publié le 28/02/2018 dans la catégorie Interviews

Yohann Taberlet va participer à ses quatrièmes jeux paralympiques à PyeongChang après ceux de Turin (2006), Vancouver (2010) et Sotchi (2014). Il va tenter de réparer une erreur de l'histoire dans son palmarès en obtenant une médaille paralympique pour ce qui seront sans doute ses derniers jeux.

En 2014, sans doute dans la meilleure forme de sa vie, il a accumulé tout ce qu'on peut avoir comme malchance. Tout d'abord à moins de 2 mois des jeux, il contracte un virus virulent au Canada le laissant sans aucune force, on a même pu craindre à pire qu'un forfait paralympique. Une préparation très perturbée plus tard, il se présente en Russie avec l'envie de performer. Hélas, dans la même dizaine de jours, il enchaîne bris de fixation, récidive de sa maladie, et un piquet de slalom lui déplaçant le masque le forçant à terminer « en aveugle ».
Sélectionné dans la deuxième phase en équipe de France, et auteur de podiums cette saison en Coupe du Monde, il arrive en terre coréenne avec l'envie de tout bien faire en ayant pris tous les risques pour parvenir à ses fins. Comme d'habitude, il sera suivi par tout un groupe de supporters bien structuré et très actif avec une fan bien particulière sa femme Hélène. A Sotchi, elle avait égayé les tribunes de son soutien indéfectible à Yohann en animant même l'atelier maquillage avant les courses.

Yohann avait accepté de nous parler de ses envies avant même d'être sûr d'être présent sur les pistes de l'Alpensia.

ERPT : Comment prends-tu le fait de ne pas être de la première sélection annoncée ?
Yohann Taberlet : Il n'y a rien de choquant, c'est même tout à fait logique. La course à la sélection se fait sans pression, vu ce que l'on me demande (NDLR : 2 fois dans les 8 premiers de courses de Coupe du Monde dans deux disciplines différentes). Si je ne peux pas remplir ces critères, je n'ai rien à faire aux jeux.

ERPT : Tu es dans une disciplines où se présentent de plus en plus de skieurs, comment vis-tu cette transition ?
Yohann Taberlet : C'est vrai qu'avec les années, le niveau augmente énormément dans le ski fauteuil. On doit s'adapter et être totalement professionnel sans en avoir toujours les ressources financières. Il faut trouver des solutions.

ERPT : Tu as du prendre de grandes décisions de vie pour réussir cette année.
Yohann Taberlet : Oui, je me suis fait le constat l'année dernière qu'il n'était plus possible d'être sur Lyon et d'être en forme optimale pour la saison de ski. Nous avons donc décidé avec ma femme de revenir s'installer à Morzine avec toutes les difficultés que cela engendraient comme perdre nos emplois et l'achat d'une maison. Je crois qu'il fallait vraiment le faire, sinon j'allais droit dans le mur.

ERPT : La relation que tu entretiens avec ta femme Hélène semble très importante sur ta carrière ?
Yohann Taberlet : Tout d'abord, Hélène c'est ma femme, mais aussi ma première supportrice. C'est un pilier pour moi. Elle m'encourage tout le temps, nous avons aussi une vraie et belle complicité. Je peux être vrai avec elle, elle me comprend.

ERPT : Comment se déroule ta préparation pour les Jeux ?
Yohann Taberlet : On travaille vraiment dur pour multiplier les pics de forme et j'espère qu'à PyeongChang il y aura un juste retour des choses et que je pourrais me battre à armes égales avec mes adversaires. Tout mon entourage fait de gros efforts pour me permettre d'arriver en Corée avec les meilleures chances possibles.

ERPT : Il se murmure des envies de retraite sportive ?
Yohann Taberlet : Oui j'arrête cette année. Entre ma carrière valide et handi, cela fait 23 ans ans que je suis sur tout les circuits. Je ne me plains pas attention, c'est beau et je m'éclate, mais c'est aussi très usant. Il sera temps aussi de rendre à ceux qui m'ont tant donné ces dernières années.

Un grand suspens persiste !!!! Quelle sera la coupe et la couleur des cheveux du douanier à PyeongChang. Il nous a habitué à tant de fantaisies capillaires par le passé.

Nous aurons sans doute l'occasion d'en reparler, mais nous voulions juste dire merci à Yohann pour toutes les émotions qu'il nous procure depuis plusieurs saisons. Et une anecdote pour finir, lors des Jeux de Londres en 2012, il avait quasiment tenu seul le micro pour commenter ces jeux sur TV8 MontBlanc, un grand souvenir !!!!

Calendrier : 10 Mars : Descente, 11 Mars : Super G, 13 Mars : Super Combiné, 14 Mars : Slalom, 17 Mars Slalom Géant.

Allez les bleus !


Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Kevin Bardon

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