En route, de Rio à Tokyo

Éleonor Sana, une passion Belge pour le ski

Publié le 03/02/2017 dans la catégorie Interviews

La jeune Belge Eleonor Sana, guidée par sa sœur Chloé a fait une entrée fracassante dans le Gotha du ski mondial en décrochant à Tarvisio une médaille d'argent sur le Super G et une de bronze en descente.
Celles dont nous avons fait notre coup de cœur ne sont pas arrivées par hasard à ce résultat, il est le résultat d'un processus dont nous avons pu nous entretenir avec Jonathan Libert, Assistant technique à la Ligue francophone Handisport de Belgique.

ERPT : Notre première question s'impose. Comment un pays sans montagne et sans tradition alpine peut sortir une skieuse comme Eleonor Sana ?
Jonathan Libert : Nous avions eu de premiers résultats avec Marie Morgane Dessart (autre skieuse mal-voyante). De plus, au niveau international, il y a de la place à prendre dans le ski alpin. Nous avons profité de notre proximité avec le Dôme de Landgraaf (Ned) pour organiser une première journée de détection. La mère d'Eleonor a vu un reportage sur cet événement et nous appelé en disant que sa fille pouvait être une candidate sérieuse. Lors de la deuxième journée de détection, nous avions convié Stefan Sazio, ancien entraîneur de l'Equipe de France, à nous donner son avis. Il a immédiatement découvert le potentiel d'Eleonor. Le processus était lancé, c'était il y a 2 ans.

 

ERPT : Comment peut-on faire en 2 ans une championne telle qu'Eleonor ?
Jonathan Libert : Tout d'abord, on compte sur le talent ! Eleonor était une bonne gymnaste qui s'est trouvé limitée par sa mauvaise vision sur un agrès comme la poutre par exemple. C'est une fille ambitieuse qui aime la compétition, les défis. Après, il y a eu aussi beaucoup de travail. Avant de venir nous voir, elle partait simplement une semaine par an en vacances à la montagne avec ses parents.

ERPT : Comment s'est fait le choix de son guide ?
Jonathan Libert : C'est un raccourci que Eleonor a pu prendre pour accélérer sa progression. Une des composantes du ski mal-non voyant est la confiance entre le skieur et son guide, et elle ne se décide pas du jour au lendemain. Alors qui de mieux placée qu'une sœur avec qui on a toujours vécu ? On a donc proposé à Chloé ce rôle, elle qui n'était pas du tout demandeuse. Il a fallu aussi que Chloé progresse beaucoup au niveau du ski pour faire les résultats qu'on connaît maintenant.

ERPT : Comment s'entraîne le duo ? Est-ce qu'elles sont intégrées dans un groupe d'entraînement étranger ?
Jonathan Libert : Généralement, elles vont s'entraîner à Tignes où les conditions de neige pour s'entraîner sont parfaites, puisqu'on peut y skier quasiment toute l'année. Nous entretenons je pense de bonnes relations avec l’Équipe de France, mais cela ne s'est pas encore concrétisé par des stages communs par exemple, mais on y travaille, pourquoi pas un jour… Eleonor entretient de très bonnes relations avec Marie Bochet, cela facilite les choses aussi.

ERPT
 : Avez-vous été surpris par ces médailles ?
Jonathan Libert : Oui tout de même. On savait qu'elles étaient dans les clous en signant quelques podiums dans des coupes d'Europe et des coupes du monde, mais les championnats du monde c'est un autre niveau. On est vraiment contents pour elles, mais il faut se rendre compte qu'elle n'ont que 2 ans d'expérience. C'est un exploit !

ERPT
 : Comment allez-vous pouvoir les soutenir pour préparer PyeongChang ?
Jonathan Libert : Ce sont des médaillés potentielles, on va donc mettre un focus sur elles. Il faut faire attention, même si elles ont encore une grosse marge de progression, le peloton des skieuses dans la catégorie n'est pas loin derrière. On va vraiment leur donner les moyens de leurs ambitions. Il y a 800 kilomètres d'ici à Tignes, cela engendre beaucoup de frais, il faut que nous les soutenions.


ERPT : Quelles sont les retombées que peuvent avoir des médailles comme celle ci en Belgique ?
Jonathan Libert : Dans un premier temps pour elle, cela devrait les aider à trouver des partenaires privés. Ensuite, on sent un petit frémissement médiatique, même si c'est difficile parce qu'on cumule quand même handisport et le ski alpin qui n'est pas vraiment une tradition Belge. Enfin, on espère que cela va créer des vocations chez nous. Tout ceci semble sur de bons rails en tout cas !

Nous remercions vivement Jonathan pour sa disponibilité, son enthousiasme et sa positivité. Et on donne bien entendu rendez-vous à PyeongChang à toute l'équipe belge pour de nouveaux exploits.

 

Fabien d'ERPT

Crédit Photo : Jonathan Libert

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